28.08.2007
Décès de Pierre Messmer
C’est avec une très profonde tristesse que nous avons appris le décès de Monsieur Pierre MESSMER, ancien Premier ministre de Georges Pompidou, à l'âge de 91 ans.
Né le 20 mars 1916 à Vincennes, Pierre Messmer, gaulliste de la première heure, avait rejoint le général de Gaulle à Londres dès le 17 juillet 1940 et s'était engagé dans les Forces françaises libres à la 13e Demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE). Il avait participé à de nombreux combats de la France libre, dont ceux de Bir Hakeim (Libye), d'El Alamein (Egypte) et de la libération de Paris.
Après la guerre, il avait occupé plusieurs postes dans l'administration coloniale en Afrique. Et avait également été ministre des Armées du général de Gaulle (1960-1969) et Premier ministre du président Georges Pompidou, de juillet 1972 à mai 1974.
Pierre Mesmer avait été également député UDR, puis RPR, de Moselle (1968-1988), conseiller régional (1968-1992) et président du Conseil régional de Lorraine, conseiller général de Moselle (mars 1970-mars 1982) et maire de Sarrebourg pendant 18 ans (1971-1989). Il avait présidé le groupe RPR à l'Assemblée nationale de 1986 à 1988.
L'ancien Premier ministre était par ailleurs membre de l'Académie des sciences d'Outre-mer depuis 1976 et membre, depuis 1988, de l'Académie des sciences morales et politiques avant d'en devenir le secrétaire perpétuel (1995-1998). Il est également chancelier de l'Institut de France (1998-2005) puis chancelier honoraire. Il avait enfin présidé l'Institut Charles de Gaulle (1992-1995) puis la Fondation Charles de Gaulle (1995-1998).
Pierre Messmer a été élu, le 25 mars 1999, à l'Académie française au fauteuil de Maurice Schumann. En octobre 2001, il avait succédé au général d'armée Jean Simon à la présidence de la Fondation de la France libre.
Selon le président Nicolas Sarkozy, « la France vient de perdre l'un de ses plus grands serviteurs et la nation tout entière s'incline pour saluer sa mémoire". Pierre Messmer "restera dans la mémoire nationale comme l'un des plus illustres enfants de notre République et de notre pays ».
Le Premier ministre François Fillon a fait part de sa « très profonde émotion » et de sa « grande tristesse » après le décès « d’une des plus belles figures de notre nation ».
L'ancien président Jacques Chirac a salué mercredi la mémoire d'un « homme d'Etat passionnément engagé pour son pays ».
« La France peut incliner ses drapeaux, il était le plus droit, le plus noble, le plus valeureux de ses fils », a déclaré le secrétaire perpétuel de l'Académie française Maurice Druon, évoquant « l'irremplaçable, une amputation ».
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25.08.2007
Décès de Raymond Barre
C’est avec une très grande tristesse que nous avons appris le décès de Monsieur Raymond BARRE.
Economiste à la renommée internationale, universitaire, Premier ministre de 1976 à 1981, Raymond Barre s'est éteint à Paris samedi 25 août. L'ensemble de la classe politique lui a rendu hommage, saluant à l'instar du chef de l'Etat un « esprit libre et indépendant ».
Originaire de Saint-Denis à La Réunion , Raymond Barre est né en avril 1923 dans une famille de négociants. Elève brillant et ancien condisciple de l'avocat Jacques Vergès, il accumule les succès au lycée.
ü Un homme carré au corps rond
Après le bac, Raymond Barre quitte l'île de la Réunion pour la métropole, où il poursuit ses études à Sciences Po. Après avoir hésité à intégrer l'ENA, le jeune homme choisit de passer les agrégations de droit et de sciences économiques. Dans un premier temps, Raymond Barre effectue des missions à l'Institut des Hautes Etudes de Tunis pendant 4 ans, avant de rejoindre la Faculté de Caen où il a été nommé professeur. A cette époque, il travaille sur son manuel d'économie, familièrement appelé "le Barre", qui deviendra une référence pour des générations d'étudiants.
En 1959, le ministre de l'Economie et des Finances Jean-Marcel Jeanneney, l'un des membres de son jury d'agrégation, lui propose le poste de directeur de cabinet. Ce sont les premiers pas en politique du "Professeur". Déjà à l'époque, Raymond Barre prône la rigueur économique pour la France. L'économiste est un partisan de l'austérité : il se présente d'ailleurs comme un "homme carré dans un corps rond". En 1967, le Général de Gaulle lui confie une nouvelle mission à la Commission européenne. Vice-président de l'institution et responsable des affaires économiques pendant 5 ans, Raymond Barre est l'un des fondateurs de la politique économique et monétaire commune européenne. "Barre l'Européen" est né à cette époque. C'est aussi durant ces années qu'il fait la connaissance d'un jeune et brillant ministre des Finances : Valéry Giscard d'Estaing.
ü Raymond Barre, ancien Premier ministre de 1976 à 1981 : Serviteur de la France
Raymond Barre s'est toujours refusé à intégrer la logique des partis. Ce centriste prônant un libéralisme modéré, plus technicien que partisan, séduit le président Valéry Giscard d'Estaing. En janvier 1976, Raymond Barre se voit ainsi promu ministre du Commerce extérieur. Six mois plus tard, lorsque Jacques Chirac démissionne de Matignon, Valéry Giscard d'Estaing nomme Raymond Barre Premier ministre.
Trois ans après le choc pétrolier de 1973, la situation économique de la France s'est détériorée : l'inflation s'est emballée et le chômage de masse apparaît. Pour lutter contre ces deux fléaux, Raymond Barre applique une politique économique de rigueur, seule solution pour éviter une dévaluation du franc. Impopulaire, le "plan Barre" a sûrement coûté à Valéry Giscard d'Estaing sa réélection. Mais il permet à son auteur de rester dans l'histoire de la Ve République comme le dernier chef de gouvernement à avoir laissé un budget en équilibre.
Elu député du Rhône en 1978, puis réélu systématiquement jusqu'en 2002, Raymond Barre poursuit sa carrière politique. Apparenté centriste, il conserve son indépendance au sein de l'Assemblée et prend même plaisir à applaudir avec les députés de gauche les déconvenues du Premier ministre Jacques Chirac entre 1986 et 1988. Sur les bancs du Palais-Bourbon, ces collègues parlementaires plaisantent sur ses fréquents assoupissements. Raymond Barre, lui, jure qu'il veille tel un chat. En 1988, les sondages lui sont favorables. Il décide donc de se présenter à l'élection présidentielle, malgré la candidature à droite de Jacques Chirac. Mais avec 16, % des voix, il ne passe pas le premier tour et appelle à voter, certes du bout des lèvres, pour son "meilleur ennemi" Jacques Chirac.
ü Raymond Barre, maire de Lyon de 1995 à 2001 : Artisan du destin lyonnais
Parachuté 17 ans plus tôt dans la 4e circonscription de Lyon, Raymond Barre a finalement été adopté par les Lyonnais, qui l'élisent maire en 1995. Après les scandales des années Michel Noir, la ville accepte le "barrisme" : la rigueur est à nouveau de mise et la transparence devient le leitmotiv du maire.
Pendant ses 6 années passées à la mairie, Raymond Barre travaille à redonner à Lyon l'aura internationale que la ville avait perdue. En 1996, il y accueille la réunion du G7, avant d'offrir aux Lyonnais le tramway, la Cité internationale et surtout, en 1998, son classement au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO. En 2001, à 77 ans, Raymond Barre renonce à un nouveau mandat.
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